include_once("common_lab_header.php");
Excerpt for Manifeste de la Commune Blockchain by , available in its entirety at Smashwords



Manifeste de la Commune Blockchain



Quel avenir pour la démocratie ?


JANIN GRANDNE

Cette œuvre est sous licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 Internationale. Pour accéder à une copie de cette licence, merci de vous rendre à l’adresse suivante : http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/ ou envoyer un courrier à Creative Commons, 444 Castro Street, Suite 900, Mountain View, California, 94041, USA.

Septembre 2018,
contact@antiprince.org






Préface




NOTE INTRODUCTIVE :




Ce manifeste tente de résumer de manière claire et succincte l'avancée de ma réflexion sur des interrogations qui m'animent depuis plusieurs années : Existe-t-il une causalité dominante à l'origine des infortunes de nos semblables ? Pourquoi sommes-nous si mal gouvernés ? Est-il possible de changer cet état de fait ?


Ces questions n'ont cessé de hanter mon esprit depuis. Plus je me renseignais, et plus je sentais que notre société n'était pas seulement absurde, mais vouée à devoir s'adapter pour survivre. C'est désormais le sentiment de la nécessité, et non celui du devoir, qui guide la publication de ce manifeste.


D'aussi loin que je m'en souvienne, la sensation qu'il était possible d'améliorer l'organisation de notre société grâce à Internet s'imposait comme une évidence. Toutefois, c'est mon séjour universitaire à l'Université de Californie en 2013 qui m'a, pour la première fois, donné les armes et les outils pour mieux comprendre l'apport que pouvait constituer Internet.


C'est sur la base de ces découvertes, les défauts inhérents à nos démocraties représentatives, les possibilités d'Internet et comment la Blockchain pouvait réussir là où Internet avait échoué, que s'est construit mon mémoire que j'ai présenté à Sciences Po Lyon en août 2015. Je n'ai cessé depuis de m'y consacrer et de tenter de l'améliorer. L'enjeu me semblait trop important pour bâcler ce travail, et dans le même temps, le sentiment que ce combat n'était pas seulement juste, mais qu'il deviendrait peut-être celui d'une vie, ralentissait ma tâche.


Travaillant sur une œuvre qui, j'en ai conscience, pourrait décourager le citoyen lambda - celui-là même qui aurait le plus d'intérêt à la lire, il m'a semblé utile si ce n'est nécessaire de tenter de synthétiser ma réflexion dans un manifeste plus court, que voici. Il sera complété d'un ouvrage plus encyclopédique visant à démontrer chacune des propositions avancées dans ce manifeste.


Je prierais le lecteur d'être indulgent quant au résultat de cette synthèse. La simplification des idées peut amener à la caricature. Je suis forcé de constater que ma synthèse ne me satisfaisait jamais suffisamment.


Face à l'urgence d'un monde en crise, je mets mes doutes de côté pour partager une idée dont le fruit me semble mûr. Mon vœu le plus sincère est que ce manifeste puisse inspirer une société plus juste.


Janin Grandne, le 7 Septembre 2018




MANIFESTE

DE LA

COMMUNE BLOCKCHAIN



Nos pratiques politiques sont anachroniques. L'humanité dispose désormais d'Internet, un réseau interactif et décentralisé, deux qualités essentielles à la démocratie. 29 000 Gigaoctets de données sont produites chaque seconde sur Internet. Pourtant, nos institutions politiques n'ont pas su se réinventer. En 2018, ¨chaque citoyen transmet à la collectivité cinq bits d'information à chaque élection[1], et une infime minorité détient toujours le pouvoir de déterminer notre sort commun. Le problème n'est pas seulement que tout le monde ne participe pas ; nombreux sont ceux à n'avoir ni le temps ni l'envie de se consacrer aux décisions politiques, et il serait illusoire de croire qu'il en sera autrement demain.


Le problème vient davantage du fait que notre système incite les citoyens à ne pas prendre part au débat politique. Ils n'ont aucun pouvoir, et dès lors, à quoi bon consacrer du temps à s'informer sur des problèmes toujours plus nombreux et complexes, que de surcroît ils ne pourront résoudre. C'est problématique, car il n'existe pas d'autre solution qu'une participation citoyenne plus étendue pour mettre fin à ce cercle vicieux ; moins les citoyens participent, moins ils sont renseignés sur les enjeux qui les entourent, et plus il est facile de justifier leur absence de pouvoir politique. De nombreuses études ont montré que le meilleur moyen d'améliorer les connaissances des citoyens était justement de les laisser prendre part aux décisions politiques. Il serait pourtant illusoire de penser que nous pourrions du jour au lendemain transformer des citoyens politiquement apathiques en décideurs éclairés. C'est pourquoi il faut inciter et habituer les citoyens à jouer un rôle plus important dans leur communauté. La démocratie liquide le permet.


Techniquement, la démocratie liquide est possible. Puisque l'ensemble des citoyens ne peut ni ne veut participer à l'ensemble des décisions politiques, la technologie permet de déléguer son vote à une personne de confiance. Par exemple, en déléguant son vote sur les questions scientifiques à un chercheur, le citoyen peut récupérer son vote à tout moment si les choix du délégué s'avèrent finalement en contradiction avec ses idées. Tous deux sont libres. Le représenté conserve son pouvoir, sans avoir besoin d'être expert ou disponible pour l'ensemble des votes.


En pratique, les institutions politiques contemporaines sont tellement sclérosées qu'une évolution prochaine semble utopique. Cette impuissance politique du citoyen pourrait être supportable si nous ne traversions pas une conjonction de crises inédite. L'ampleur des défis à relever rend nécessaire une révolution de nos pratiques politiques.


L'ensemble des pays, démocratiques ou non, semble impuissant face aux trois crises de notre époque : crise écologique, crise économique, et crise des libertés civiles. Écologiquement tout d'abord, l'humanité est à l'origine d'une crise sans précédent depuis l'extinction des dinosaures, un véritable “anéantissement biologique”[2]. Les pays riches n’assument que 3% des coûts environnementaux mondiaux depuis 1961, alors qu’ils ont généré près de 42% de la dégradation environnementale. Simultanément, l'inégale répartition des richesses a atteint son paroxysme. Huit hommes possèdent autant de richesses que la moitié de l'humanité. Sept humains sur dix résident dans un pays où les inégalités se sont accentuées ces trente dernières années[3], alors même que la démocratie n'a jamais été autant répandue sur le globe. Le niveau des libertés civiles et des droits politiques dans le monde recule chaque année davantage depuis plus d'une décennie[4]. Quand bien même un peuple s’opposerait à être massivement surveillé par son propre gouvernement, il n’aurait aucun poids politique pour mettre fin aux surveillances de l’ensemble des pays “alliés” de celui-ci. Toutes ces crises ont une caractéristique commune : elles sont mondialisées.


Purchase this book or download sample versions for your ebook reader.
(Pages 1-5 show above.)